Contexte

Les prisonniers de Bakou

Lors de l’exode massif de centaines de milliers d’Arméniens depuis la capitale (Stepanakert), le gouvernement azerbaïdjanais a illégalement détenu huit anciens membres du gouvernement de la République du Haut-Karabakh ainsi que des défenseurs du droit à l’autodétermination de l’Artsakh. Parmi les personnes détenues figurent Ruben Vardanyan, homme d’affaires et philanthrope arménien ayant occupé le poste de ministre d’État du gouvernement d’Artsakh ; les trois anciens présidents de la République : Arayik Harutyunyan, Bako Sahakyan et Arkadi Ghukasyan ; ainsi que d’autres anciens responsables : David Babayan, Levon Mnatsakanyan, David Ishkanyan et Davit Manukyan.

Le 5 février 2026, les autorités azerbaïdjanaises ont annoncé une série de verdicts à l’encontre d’Arméniens détenus illégalement, à l’issue de procédures judiciaires à Bakou marquées par de nombreuses violations du droit à un procès équitable.

Arayik Harutyunyan, Levon Mnatsakanyan, Davit Manukyan et David Babayan ont été condamnés à la réclusion à perpétuité.
Arkadi Ghukasyan et Bako Sahakyan ont chacun été condamnés à 20 ans de prison en raison de dispositions liées à l’âge prévues par la législation azerbaïdjanaise.

Dans la même procédure, des prisonniers de guerre arméniens ont également reçu de lourdes peines :

  • Madat Babayan et Melikset Pashayan – 19 ans ;
  • Davit Allahverdian – 16 ans ;
  • Erik Ghazaryan, Gurgen Stepanyan et Vasily Beglaryan – 15 ans ;
  • Garik Martirosyan – 18 ans.

Plus tôt, le 14 janvier 2026, l’Azerbaïdjan a libéré quatre prisonniers de guerre arméniens détenus illégalement — Vagif Khachatryan, Vigen Euljekjian, Gevorg Sujyan et Davit Davtyan — en échange de deux mercenaires syriens capturés par les forces arméniennes en novembre 2020 alors qu’ils combattaient pour l’Azerbaïdjan durant la guerre de 2020 contre l’Arménie et le Haut-Karabakh (Artsakh).

Les quatre Arméniens étaient des non-combattants faisant face à des accusations à caractère politique et à des peines pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison. Vagif Khachatryan avait été enlevé en 2023 lors d’une évacuation médicale du CICR ; Vigen Euljekjian, ressortissant libanais, était détenu depuis 2020 après avoir été capturé dans le corridor de Latchine après le cessez-le-feu ; Gevorg Sujyan et Davit Davtyan avaient été arrêtés un jour après le cessez-le-feu, bien qu’ils soient civils et fondateurs d’une ONG caritative.

Les deux mercenaires syriens libérés par l’Arménie ont admis, lors de leur procès, qu’ils avaient été recrutés pour combattre pour l’Azerbaïdjan et qu’ils avaient reçu des incitations matérielles, y compris pour des actes de violence extrême.

Ces personnes, ainsi que les autres détenus, sont maintenues en détention en violation manifeste de nombreuses normes de droit interne et international, notamment :

  • Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP)
  • La Convention européenne des droits de l’homme (CEDH)
  • La Convention (III) de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre (1949)
  • La Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale
  • La Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants
  • La Convention internationale contre la prise d’otages

Il est profondément préoccupant de voir l’Azerbaïdjan figurer parmi les États parties à ces instruments juridiques internationaux tout en agissant d’une manière contraire à leurs obligations fondamentales.

ARMENIAN PRISONERS_2026